03/09/2012
Sous les pavé la plage
La création de rues piétonnes en Ville de Genève est une idée atavique qui a germé dans la tête des premiers sympathisants verts, il y a vingt ans déjà. Il fallait être un peu fou ou visionnaire c’est selon, à l’époque pour oser formuler à voix haute de tels projets alors que les villes étaient, à quelques exceptions près, des cathédrales érigées en l’honneur de la Sainte voiture.
Que de chemin parcouru depuis ces années ! Comme tout projet qui impose des changements de paradigme, la mise à disposition de certaines rues pour la population genevoise a pris du temps. Beaucoup trop de temps même puisque depuis lors, hormis une poignée de rues piétonnes obtenues après des années de lutte, presque rien n’a été entrepris à Genève. A tel point que des villes comme Sion ou Saint Gall, que l’on peut difficilement taxer de bastion de « gauche », ont compris tous les avantages qu’il y avait à offrir à ses concitoyens un centre ville piéton.
Avec ces cinquante premières rues piétonnes à l’essai pendant une année, la vaste alliance politique et associative soutenant le projet souhaite convaincre tant les habitants des quartiers concernés que les commerçants et artisans des immenses bienfaits à l’échelle d’une ville que cette nouvelle philosophie de penser la cité leur apportera. En plus d’améliorer la qualité de l’air et diminuer de manière notable les émissions sonores produites par un trafic automobile inadapté à la ville, la sécurité et le chiffre d’affaire des commerçants s’en verront sensiblement renforcés, comme le prouvent de nombreuses études.
Pour concrétiser ce projet, il faut encore que les genevois rejettent le référendum lancé par une coterie composée d’un lobby automobile guidé par des principes d’un autre siècle et d’une partie de la droite, altière et vétilleuse, paniquée à l’idée de ne plus pouvoir se garer à proximité de ses boutiques préférées. Cette votation aujourd’hui ne doit pas être considérée comme un affrontement entre pro et anti-voiture, les initiant étant attachés tant à la liberté individuelle qu’à la responsabilité de chacun. Il s’agit plutôt d’une confrontation de vision, dépassant les clivages politiques habituels, entre personnes souhaitant améliorer la qualité de vie des habitants en ville et ceux qui ne voient en Genève au mieux qu’un simple lieu de passage et de transit, au pire un immense parking à ciel ouvert.
En cas de succès, les défis auxquels seront confrontés les porteurs du projet demeureront tout aussi importants que ceux rencontrés jusqu’à présent. En effet, il sera essentiel de procéder à des aménagements idoines et réfléchis correspondant à la dynamique de chaque quartier. Il est indispensable que ces rues deviennent des espaces de rencontre et de convivialité et non des lieux vide de vie et de sens. Pour autant que les genevoises et genevois osent tenter le changement, nous nous assurerons de travailler d’arrache pied pour atteindre cet objectif.
OUI aux rues piétonnes le 23 septembre !
19:35 Publié dans 23 septembre, 50 rues, Genève, mobilité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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