15.12.2011
Extraparlementaire sous le feu des projecteurs: Roberto Broggini
Des logements généreux même pour des familles modestes. Même les pauvres ont le droit de vivre bien !
Que font les extraparlementaires pour nous citoyens, ou pour nous membres de partis politiques ? Si leur activité se fait parfois dans l’ombre, nous mettrons en lumière quelques-uns de ces travailleurs acharnés, dont le travail bien que méconnu mérite le détour. Fourmi besogneuse peut-être, mais c’est un véritable pilier des Verts que nous passons sous la loupe aujourd’hui : Roberto Broggini, militant de la première heure.
Roberto est membre des Verts depuis le début des années 1990. Rapidement, dès 1992, le voilà élu au Conseil Municipal. Sa réussite, il la doit à la force de ses convictions : il comprend en écoutant Cohn-Bendit et en observant les Verts allemands la particularité de ce mouvement politique émergeant : le souci de l’environnement bien évidemment, mais il apprécie aussi l’absence de dogmatisme et la vigueur des idées.
Député, ancien président du Conseil municipal, Roberto est un touche-à-tout. Logement, transport, aménagement du territoire, ses intérêts sont d’un grand éclectisme. Il siège au sein de trois commissions, mais surtout au sein de la Commission Administrative des Fondations Immobilières (CAFI), organisation faîtière qui chapeaute cinq fondations HBM (immeubles pour bas revenus). Elle gère au total entre 7 et 8% du parc immobilier genevois. Chacune de ces commissions se réunit une fois tous les mois. Il faut savoir être à l'écoute de tous, et surtout répondre aux nombreuses sollicitations – qui ne manquent pas dans son domaine.
Si son intérêt pour le sujet est ancien, il a acquis une grande compétence dans le domaine. Il a participé à réduire de 12% la consommation d’énergie en Ville de Genève (18% dans certains immeubles !), à sensibiliser les chauffagistes aux économies possibles, à diminuer la consommation d’eau, etc. Et qui dit économies de consommation, dit économies de dépense ; un rôle dont on lui sait gré, en ces périodes annoncées de disettes. Il est convaincu du besoin de montrer l’exemple, car dit-il : « le rôle de la collectivité publique est de montrer la voie, c’est une tâche indispensable ».
Il travaille également à donner des cours aux concierges des fondations ; leur apprendre les bons gestes et partager les bonnes pratiques entre gens de la profession lui semble indispensable. Au volet économique, voici que s’ajoute le visage social de son action : s’employer à transformer les immeubles en havres de paix, mais aussi former ceux qui sont en première ligne lorsque l’inattendu survient et que les concierges aient les bons réflexes. Il ne s’agit pas d’en faire des policiers, mais de leur fournir conseils et méthodes pour créer une bonne atmosphère dans l’immeuble dont ils ont la charge. Une fructueuse approche qui se décline dans le privé : l'Université populaire de Genève fournit de tels cours aux régies genevoises.
Lorsqu'on aborde comment "verdir" les débats de ses engagements extraparlementaires, Roberto s'enflamme : "Je revendique des logements acceptables même pour les familles modestes. Je revendique que tous les pauvres aient un balcon. Je veux multiplier les potagers aux pieds des immeubles".
Utopie ? Ce qui a été fait au chemin des Ouches (Châtelaine) peut être fait à la rue Miléant (Saint-Jean) : créer des potages, des balcons, tout cela pour des prix abordables. Lorsque Roberto présida la commission ad hoc Saint Gervais, il a réhabilité des immeubles appartenant à l'histoire genevoises (le plus vieux datant de 1416) voués jusque-là à la destruction : il a permis à une population défavorisée de rester en centre ville. Les idées vertes de mieux vivre, de mixité sociale n'ont rien d'utopique entre les mains du député vert, elles sont ancrées dans notre ville du bout du lac – et en partie grâce à notre parlementaire.
Le secret de Roberto pour obtenir de tels succès, même lorsqu'il est membre de commissions où ses idées sont minoritaires ? "Pour faire passer les idées vertes, il faut savoir mettre en avant les économies réalisables, le bon sens, et s'appuyer sur les règlements et lois existants. Présenter les choses de manière objectives", conseille-t-il.
Toutefois, l'avenir présente nombre de défis à relever : le terrain à disposition n'existe pour ainsi dire plus. Roberto pense que l'expropriation est une solution, et que troquer certains bureaux professionnels contre des logements est une option à envisager. Cerise sur le gâteau, en plus de la création d'habitation, cela aurait pour effet secondaire appréciable de diminuer l'insécurité, avec des locataires autrement plus présents.
Dans ces débats à venir, on ne peut que souhaiter que notre député vert parvienne à imposer le bon sens auquel il tient tant. Et qu'il puisse continuer à parer d’idées vertes les commissions extraparlementaires !
(interview réalisée par Jean-Claude Vignoli, membre du comité Ville)
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| Tags : extraparlementaire, verts, interview, logement |
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