08.11.2011

Pour un salaire minimum : les métiers les moins qualifiés sont indispensables et non-délocalisables !

 

Comme tout prix imposé, le salaire minimum est un outil, il peut être utilisé à bon  ou à mauvais escient.

C'est un outil fort lorsque le salaire minimum est proche du prix d'équilibre sur le marché.

 

S'il est trop haut ou trop bas, cela crée des déséquilibres dans les deux sens qui s'appellent soit chômage, soit dumping, soit travail au noir.

 

 


 

L'enjeu n'est donc pas un salaire minimum ou non mais son montant ! En fonction du montant auquel il sera fixé, cela sera un bon ou un mauvais outil.

Ce n'est pas une raison pour se priver de cet outil sous prétexte qu'il pourrait être mal utilisé ! On n'interdit pas la vente d'allumettes sous prétexte qu'elles sont susceptibles de déclencher un incendie.

 

Rappelons qu'à Genève, il y a environ 20'000 personnes à l'aide sociale. Si le salaire minimum des métiers les moins qualifiés accessible aux personnes à l'aide sociale était plus élevé cela serait un incitatif économique fort à sortir de l'aide sociale et à vaincre les effets pervers de l'effet de seuil. Dans la situation actuelle, il y a nombre de cas où économiquement il est plus avantageux d'être à l'aide sociale et de bénéficier de certaines aides que d'être salarié au minimum de la CCT en vigueur (par exemple 19.35 CHF/h pour la CCT nettoyage 2011-2013 soit 3'096 CHF brut par mois / http://www.nettoya-ge.ch/cct.htm). Cette situation n'est pas acceptable. L'aide sociale est caculée au plus juste pour couvrir les seuls besoins élémentaires des bénéficiaires. Il n'est donc pas envisageable de la baisser pour accroître ce différentiel.

 

Il me paraît normal qu'une personne puisse vivre de son salaire lorsqu'elle travaille. Si elle doit demander une aide de la communauté pour vivre décemment alors qu'elle travaille, il s'agit en réalité d'une subvention de la communauté envers son employeur. Si une entreprise n'est pas en mesure de verser ces salaires, il y a lieu de se poser des questions. Son modèle économique est-il viable, quelle est sa structure de coûts, quels sont ses bénéfices, comment ses bénéfices sont.ils utilisés ?

D'autre part, je ne serais personnellement pas choqué que le prix de certains biens et services renchérissent afin de payer décemment ceux qui produisent ces mêmes biens et services.

 

Rappelons aussi que les métiers les moins qualifiés sont indispensables et non-délocalisables. Les aides soignantes, nettoyeurs, caissières, vendeuses, auxilaires de crèche ne peuvent exercer leur métier par mail depuis l'Inde ou la Chine !

 

L'objectif de l'initiative pour un salaire minimum est légitime : permettre une vie décente, sans aide de la communauté pour tous les travailleurs. C'est aussi cela créer de la richesse locale !

 

Il y a donc lieu de procéder par étape :

1) voter OUI au salaire minimum le 27 novembre prochain

2) être vigilant quant au montant de ce salaire minimum pour qu'il soit adapté à la réalité genevoise et en produise pas d'effets pervers

 

Christophe Dünner, membre du comité des Verts - Ville de Genève.

 

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