19.10.2011

Compte-rendu de notre soirée d'information sur la sortie du nucléaire

Le compte-rendu ci-après fait suite à une première de quatre soirées d'information et de discussion (pour mémoire ce billet-ci) intitulée "Sortir du nucléaire et passer aux énergies renouvelables: relevons le défi!".

On peut directement télécharger le document en pdf en cliquant ici

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Introduction

 

Fabienne FISCHER, présidente des Verts - Ville de Genève, souhaite la bienvenue à tout le monde et explique pourquoi la section a mis sur pied ces quatre soirées. Elle invite toute personne intéressée à discuter du contenu de notre programme pour les élections fédérales. Ouvrir le débat, expliquer notre politique, convaincre de voter pour les Verts le 23 octobre 2011 : telle est la contribution des Verts - Ville à la campagne des Verts genevois pour les élections fédérales.

 

David ROCHAT, vice-président des Verts - Ville de Genève et ingénieur en écologie industrielle, modérera la discussion qui suivra les interventions des trois orateurs. Il présente ces derniers au public :

Ø  Jean-Luc ZANASCO, biologiste moléculaire, membre du groupe de travail « Energie et climat » des Verts genevois

Ø  Robert CRAMER, Conseiller aux Etats

Ø  Max SCHNEIDER, pionnier de l 'énergie solaire en Suisse et candidat au Conseil national

 

 

Interventions

 

Notamment en sa qualité de membre du Groupe de travail « Energie et climat » des Verts genevois, Jean-Luc ZANASCO suit de très près les scénarios concernant la future consommation d'énergie en Suisse. Jusqu'à maintenant, on est passé de 3% d'augmentation par an entre 1960 et 1990 à moins de la moitié aujourd'hui[1]. De plus, l'EPFZ a constaté lors d'un récent colloque[2] que l'on pourra se passer du nucléaire dans un avenir proche. Comme les prévisions des Verts, le poly de Zürich estime qu'il est possible d'émettre moins de deux tonnes de CO2/an/habitant à l'horizon 2050.

 

Dans l'Union européenne, une véritable prise de conscience a eu lieu en 2008 avec le « paquet climat-énergie ». En Suisse, on a fait du surplace (jusqu'au moment de prendre la décision de sortir du nucléaire ce printemps).

L'efficacité et la sobriété énergétiques sont décentralisées et ne se « voient » pas ; elles ne sont pas encore entrées dans les mœurs. Pour prendre un exemple, la fin des stand-by en Europe ferait baisser la consommation d'énergie d'un chiffre équivalent à plus de 2/3 de l'énergie consommée en Suisse ! Chez nous, beaucoup de gens mettent aujourd'hui du photovoltaïque sur leur toit, ce qui es très cher, alors qu'il faudrait commencer par changer les ampoules et les appareils électriques vétustes, etc.

Néanmoins, à Genève, le programme des SIG « Eco 21 » vise à réduire notre consommation électrique de 150'000Kw/h d'ici à 2013 et a prouver après une année qu'il était très performant.

Les chiffres pour l'eau sont bien meilleurs. On est passé de 170m3/hab en 2003 à 125m3/ hab cette année. On a réduit de 30% à 40% ces 20 dernières années. Donc clairement, c'est le manque de réflexion qui ne nous a pas encore fait baisser drastiquement notre consommation d'électricité.

 

 

Robert CRAMER rappelle que le drame de Tchernobyl de 1986 avait donné naissance à deux initiatives fédérales en 1990 : la première pour renoncer au nucléaire, qui fut un échec, et l'autre pour un moratoire de 10 ans sur toute nouvelle construction de centrale, qui avait alors passé la rampe et du peuple et des cantons.

Les trois géants de l'énergie en Suisse- Axpo, Alpiq et les Forces motrices bernoises (FMB) -, au vu du résultast des votes et de la durée de vie des cinq centrales actuelles, ont alors visé 2025-2030 pour la mise en service de nouvelles centrales. Ils ont commencé à se manifester vers 2006-2007. Début 2011, trois dossiers ont été déposés auprès du Conseil fédéral. La loi veut qu'une consultation des cantons intervienne d'ici à mai 2011. Or, Fukushima est passé par là. Le fait que Doris Leuthard remette à plus tard cette consultation fait par exemple perdre à Alpiq CHF 30 millions de frais de dossier. De plus, l'échéancier est chamboulé : entre le retour d'expérience de Fukushima (horizon 2014), la constitution de nouveaux dossiers, la consultation des cantons, une votation populaire où le peuple risque bien de dire non, on dépasse 2034 et le moment où nos centrales actuelles auront cessé d'être « sûres ».

Ce printemps, les Verts travaillaient sur le lancement d'une initiative visant à verdir l'économie, qui s'est traduite par l'initiative pour une économie verte. L'initiative pour sortir du nucléaire est venue après l'accident de Fukushima. En juillet en commission, la droite a obtenu qu'on sorte du nucléaire actuel, avec une porte de sortie vers un nucléaire de quatrième génération. Le problème est qu'on ne sait pas vers quoi on s'engage.[3]

 

Les enjeux immédiats sont donc les suivants :

  • Débat sur la sortie du nucléaire au Conseil des Etats le mercredi 28 septembre 2011 : parvenir à renverser le vote de commission.[4]
  • En Suisse, les décideurs sont pro-nucléaires. Nous avons donc tout intérêt à faire signer l'initiative pour sortir du nucléaire.
  • Il faut donner un message clair aux décideurs et aux milieux économiques pour investir massivement dans les énergies renouvelables.

 

Il faut être clair sur le fait qu'on ne peut pas faire du renouvelable sans diminuer notre consommation. Pour MAX SCHNEIDER, la croissance infinie est un mythe ; il appelle à la « décroissance du gaspillage ».

En Suisse, nous avons pris du retard en la matière : l'énergie renouvelable qui y est produite ne constitue que 2% du total.[5]

Pour y remédier, il faut avoir une réflexion de fond sur tous les endroits propices à la pose de panneaux solaires. Par exemple sur l'autoroute, il ne faut pas imaginer couvrir les voies mais installer sur les murs antibruit (même si un panneau posé à la vertical produit 30% de moins que celui à l'horizontal). Il y a des exemples positifs : en 1999 15% de l'électricité consommée au centre-ville par les trams et trolleybus était produite par des panneaux photovoltaïques. Aujourd'hui, du fait de l'augmentation du parc de véhicules de transports en commun, c'est moins de 2% d'électricité photovoltaïque, le reste est du courant hydraulique.

Les différents freins administratifs découragent de nombreux propriétaires à isoler ou à poser des capteurs solaires sur leurs toitures. Il est en outre aberrant de toujours demander aux privés des autorisations de construire pour poser des panneaux sur leurs toits !

Le prix de production de l'électricité à partir d'installations photovoltaïques est proche du prix de

25 ct/kwh. On n'est donc pas loin de la parité. On est donc à un tournant. Depuis le 1er janvier 2011, le prix des modules photovoltaïques a par ailleurs baissé de 30% et ceci contrairement à toutes énergies fossiles qui ont une tendance à la hausse. On revient ici au mythe de la croissance qui fait partie intégrante de la plupart des discours électoraux. Nous devons par conséquent être prêts à la révolution énergétique prônée par les Verts, qui vise à produire 20% de la production actuelle des centrales nucléaires d'ici à 2025 sous forme d'énergies renouvelables. Cela signifie des milliers d'emplois créés autour de la mise en application de la loi sur l'énergie entrée en vigueur le 1er janvier dernier (qui à ce jour ne peut être appliquée sérieusement par manque de personnel qualifié !).

L'efficacité énergétique dans le domaine électrique, la conservation de l'énergie dans le domaine thermique et les énergies renouvelables sont autant de pistes de développement de l'emploi assuré certainement  pour les 50 prochaines années et plus. C'est donc un message d'espoir. Le programme de la Ville de Genève d'alimenter ses bâtiments avec 100% d'énergies renouvelables est un défis merveilleux et va dans le bon sens.

 

 

Questions

 

Les déchets... liés aux panneaux solaires !

Ils sont constitués de silice et d'un cadre en alu, donc tout à fait recylables.

Leur durée de vie est garantie par les fabricants par exemple à un rendement d'au moins 80% après 25 ans de fonctionnement. Et ils vont bien plus loin. A l'avenir, des usines de recyclage se développeront  pour de nouveaux emplois verts ! Une première usine est en construction en Allemagne.

 

Les pompes à chaleur

Elles ne sont pas identifiables à une source d'énergie renouvelable  dans le sens où elles demandent une grande consommation d'énergie électrique. Certaines installations mal dimensionnées consomment pas grand froid l'équivalent d'un chauffage électrique. D'ailleurs, souvent les fabricants pose une résistance électrique en cas panne de la pompe. Le client ne remarque pas le défaut, sauf sur la facture d'électricité en fin d'année... Il faut donc rester circonspect vis-à-vis de l'emploi délibéré des pompes à chaleur sans tenir compte de la physique du bâtiment concerné.

 

La ventilation double-flux

Dans le cadre de rénovation, de constructions neuves et dans des bâtiments Minergie, le système de ventilation à double flux permet de bien ventiler les locaux tout en récupérant une partie de la chaleur  pour préchauffer l'air frais qui entre dans le bâtiment.

 

La fonte des glaciers et la production hydroélectrique

Les spécialistes ne notent aucun changement significatif à venir durant les 50 prochaines années.

Il faut mettre en perspective la pose de panneaux solaires l'an passé en Allemagne d'une puissance de 7 GW, soit l'équivalent de 7 centrales nucléaires (qu'on mettrait des années à construire)! En Suisse, le potentiel est énorme : on prévoit que le photovoltaïque couvrira 2/3 de la production des centrales nucléaires d'ici à 2030.

 

L'utilisation de thorium dans des centrales du futur « propres »

L'Inde seule a réellement cet objectif car son sol contient cet élément assez rare ailleurs. Son utilisation concrète ne pourrait se faire avant 30-35 ans, et la question des déchets liés au nucléaire ne serait pas résolue pour autant. Le risque d'irradiation reste élevé pour les travailleurs.

 

Investir son 2ème pilier dans un parc solaire

C'est tout à fait envisageable et c'est un bien meilleur pari financier !



[1] Des facteurs explicatifs existent, comme le fait d'utiliser moins de surface par personne en termes d'infrastructure, etc.

[2] Téléchargez notamment « Thesen zur Energiezukunft der Schweiz aus Sicht der Wissenschaft »

[3] Voir par exemple l'article paru dans Le Courrier du mercredi 28 septembre « Les faux espoirs de la 4è génération »

[4] Ce qui a donc été le cas, tout en laissant une porte d'entrée au nucléaire de 4ème génération.

[5] On retrouve tous ces chiffres et bien d'autres sur la page « Energie en Suisse de wikipedia et bien sur à l'adresse url de l'initiative des Verts suisses pour sortir du nucléaire (notamment sous « Téléchargements » => « Questions - Réponses »).

 

Commentaires

Oui c'est bien vos bonnes idées mais si vous pouviez demander à la Migros de faire des lampes de poches faciles à manipuler par les personnes âgées en voilà une de plus de bonne idée à vous soumettre,puisque vous voulez sortir du nucléaire cherchez aussi à faciliter la vie des plus âgés qui vous ont offert le confort nécessaire pour faire de bonnes études etc Parceque si toutes vos innovations vont dans le même sens que ces lampes de poches,retournons aux grottes et ressucitons les mammouths!
Et ne me dites pas ,c'est à la Migros qu'il faut réclamer que nenni c'est vous qui avez eu l'idée luminuse en premier alors assumez ,rire tout en étant sérieuse malgré tout
bonne soirée à vous

Ecrit par : lovsmeralda | 19.10.2011

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